À
81 ans, B.B. King
poursuit sa légendaire carrière de joueur
de blues
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29/08/06.- Ce guitariste a exercé
son influence sur des générations de musiciens.
B.B.
King se produit sur scène pendant le 40e festival de jazz
de Montreux, en juillet 2006. (© AP Images)
Par
Lauren Monsen
Rédactrice du Washington File
Washington
- Couronné « roi du blues » et toujours reconnu
comme le meilleur guitariste de blues de la planète, B.B.
King continue d'influencer profondément, à l'âge
de 81 ans, d'innombrables émules qui tentent de reproduire
les inflexions mordantes de sa guitare et d'égaler le feu
de sa présence sur scène.
Né
à Itta Bena (Misissippi) en 1925, Riley B. King gravita
vers la musique à un âge précoce, chantant
le gospel à l'église et écoutant les disques
que lui prêtait sa tante, notamment de Blind Lemon Jefferson
et de Lonnie Johnson, guitaristes de blues du delta du Mississippi.
Sa congrégation religieuse fervente avait beau condamner
le blues comme une « musique du diable », le jeune
Riley eut tôt fait d'en subir l'envoûtement.
Ainsi
qu'il devait le rappeler, bien des années plus tard, dans
son autobiographie intitulée « Blues All Around Me
», le blues exerça sur lui un effet puissant. «
Blind Lemon et Lonnie sont ceux qui m'ont le plus touché
(...) car leurs voix étaient si distinctes, si naturelles
et croyables. Ils me parlaient (...) et ils ont pénétré
mon âme à jamais. »
Riley
King acheta sa première guitare à l'âge de
15 ans. Cinq ans plus tard, il se rendit à Memphis (Tennessee)
où il passa sous la houlette de son cousin, le guitariste
de blues Bukka White. En perfectionnant son jeu, il développa
une technique personnelle de vibrato d'une singularité
mesmérisante, qu'il devait adapter par la suite à
la guitare électrique. C'est une innovation qu'après
lui des légions de guitaristes ont tenté d'incorporer
à leur technique.
À
Memphis, Riley King se mit à jouer du blues et du gospel
sur les coins de rue, dans le quartier des clubs afro-américains
de la rue Beale. Après qu'il eut obtenu de se produire
pendant dix minutes dans une émission de radio locale,
il acquit le surnom de « Beale Street Blues Boy »,
ou « Bee Bee », qui produisit ses initiales «
B.B. » aujourd'hui célèbres. Il signa un contrat
qui se révéla éphémère avec
une maison défaillante de disques, Bullet Records Company,
avant d'être découvert par le musicien et recruteur
de jeunes talents Ike Turner, qui l'orienta vers la maison de
disques Kent/Modern/RPM. En 1951, celle-ci publia un morceau de
B.B. King intitulé « Three O'Clock Blues »,
qui monta au sommet du palmarès des ventes de R&B (rhythm
and blues).
Pendant
cette période, B.B. King rencontra le réalisateur
Sam Phillips, une étoile montante de l'industrie du disque.
Entrepreneur visionnaire qui avait ouvert un studio d'enregistrement
à Memphis vers la fin des années 1940, Phillips
aimait le blues, le gospel, le country, le folk, bref pratiquement
tous les genres de musique populaire américaine. C'est
lui qui contribua à fusionner ces différents genres
en un format qu'on devait baptiser rock and roll, et il encouragea
fortement le mélange des traditions musicales. Au début,
B.B. King s'opposa à cette tendance à l'amalgame,
mais lorsqu'il finit par élargir son style de blues en
adoptant la guitare électrique, sa maîtrise totale
de l'instrument devint l'aune à laquelle devaient se mesurer
tous les guitaristes en herbe.
B.B.
King quitta Modern Records en 1962, et signa rapidement un contrat
avec ABC (aujourd'hui MCA) Records, tout en poursuivant un programme
de tournées à couper le souffle, d'environ 300 spectacles
par an (cadence épuisante qu'il allait maintenir pendant
plus de 20 ans). Mais s'il était adulé par les amateurs
de blues, B.B. King ne fit irruption sur la grande scène
musicale qu'en 1968, lorsqu'il engagea l'imprésario Sidney
Seidenberg. Celui-ci eut l'idée habile de lui obtenir des
engagements dans de hauts lieux du rock tels que le Fillmore Auditorium
de San Francisco et dans des émissions de télévision
prestigieuses comme le Tonight Show et l'Ed Sullivan Show. Ainsi
exposé au grand public, B.B. King connut un immense succès
en 1970 avec son tube « The Thrill is Gone », et sa
percée si longtemps retardée l'amena finalement
au pinacle.
Cité
par le guitariste Keith Richards des Rolling Stones et par le
guitariste de rock et de blues Eric Clapton comme une source indispensable
d'inspiration, B.B. King continue à dominer son genre.
Lauréat de 14 prix musicaux Grammy, il fut admis au Panthéon
du blues en 1984 et à celui du rock and roll en 1987. En
1988, il se joignit à Bono, le chanteur du groupe de rock
irlandais U2, pour composer et interpréter un duo («
When Love Comes to Town ») qui fit partie du film-concert
d'U2, « Rattle and Hum ». Le « roi du blues
» fut définitivement couronné en 1995, lorsque
le président Bill Clinton le récompensa pour sa
longue carrière lors d'une cérémonie tenue
au Centre Kennedy des arts de la scène.
Le
style passionné de B.B. King à la guitare et son
magnétisme sur la scène garantissent des spectacles
à guichets fermés partout où il se produit.
Son programme pour 2006 devait l'amener au Brésil, en Finlande,
en Suède, au Danemark, aux Pays-Bas, en Belgique, en France
et aux États-Unis. Alors qu'il poursuit ses tournées
accompagné de sa compagne de toujours, une guitare Gibson
de fabrication spéciale et qu'il appelle affectueusement
« Lucille », B.B. King affirme qu'il est encore loin
de la retraite, déclarant, comme il l'a fait récemment
au journaliste Kevin Chappell de la revue afro-américaine
Ebony, que « si seulement cinq personnes sur cent tirent
quelque chose de ma musique, ça vaut quand même le
déplacement ».
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